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A l'école de Benoît:

L'exemple de saint Benoît

Seigneur, qui habitera dans ta demeure ?

Il suffit

Renoncer à tes volontés propres

Vivre loin de Dieu

On fera tout avec mesure

Une école du service du Seigneur

Vivre l'observance du carême

Une école pour vivre la foi

Une spiritualité incarnée

Patience - impatience

Chercher - Trouver

Donner - Recevoir

Persévérance - Fidélité

Travail - Oisiveté

Silence - Parole

Prier

Obéir - Désobéir

Ouvrir - Fermer

Qui que tu sois

Vivre autrement

Ne murmurez pas

Le chemin de la vie

Le temps et la Règle

Général:

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L’Evangile est une manière de vivre à l’opposé de la société dans laquelle nous sommes immergés. En effet depuis quelques décennies le développement quasi exponentiel des sciences et des techniques a profondément modifié la condition de l’homme, ses modes de pensées, sa manière de vivre, bref, tout ce qui fait une forme d’humanité, une culture. Nous avons accès à de nombreux savoirs et la société nous impose un certain nombre de principes dominants dont le tout premier est celui de l’argent : organisation mondiale du commerce, valeurs ‘’starts up ‘’ et fonds de pension en sont parmi d’autres des exemples d’actualité. L’argent apparaît comme une norme et une forme de langage universel. De ce principe en découle un autre, celui du marché auquel se relie la consommation et la production qui sont les deux moteurs de la société et de l’économie. Autour de ces principes, s’organisent privatisations, fusions, absorptions, rachats, concentrations, délocalisations, restructurations¼ tous ces termes devenus familiers et derrière lesquels nous devons comprendre dans bien des cas suppressions d’emplois. Toutes ces « remises à jour » de la société par le canal des grands groupes industriels sont liées au principe de rentabilité qui dit qu’une action n’est justifiée que si elle aboutit à un surcroît de richesses que l’on nomme « création de la valeur ». Nous voilà conduits à valoriser la compétition et la concurrence, à ouvrir à tous et à chacun un champ d’action pour être le meilleur. Au milieu de tout cela se situe le travail de l’homme qui devrait donner sa place à la personne. Ce système ne peut être stable que par une expansion continue : suppression de l’effet de seuil, croissance interne et croissance externe. La recherche trouve ici son sens et sa justification. On parle de breveter les gènes humains¼ Ainsi programme-t-on un type d’individu à la fois producteur et consommateur ¼Ainsi définit-on un genre de vie.

Malheureusement tout ne fonctionne pas comme prévu. L’Europe traverse une crise économique, le chômage est là, et beaucoup d’exclus du travail ne pourront se resituer dans ce monde en mouvement. Comment intéresser au travail des jeunes qui n’ont jamais vu ni les parents ni les grands parents travailler ? La violence va de pair avec l’oisiveté et l’inoccupation génère une économie souterraine, une économie de survie juteuse avec le commerce de produits illicites. En parallèle nous assistons à une montée de l’angoisse, à une hyper consommation d’anxiolytiques, une augmentation du mal vivre, de l’agitation, de la violence, de l’exclusion… Les suicides de jeunes et de vieillards augmentent… SOS amitié en France reçoit actuellement plus de 700 000 appels par an. Nos prisons n’ont jamais été aussi pleines et les peines aussi longues¼ En parallèle nous assistons à un retour et une demande du religieux sous toutes ses formes à tel point que l’on légifère sur les sectes¼Aux Etats Unis sur 100 millions d’internautes, 25 millions utilisent Internet au moins une fois par mois pour des besoins religieux.

Nous vivons dans l’urgence pour ne pas dire dans la précipitation. Chacun a tendance à souhaiter tout, tout de suite, le plaisir doit être immédiat et développe une forme de boulimie de la consommation. L’individualisme devient la norme dans un monde bruyant en perpétuel mouvement. C’est du chacun pour soi et à chacun sa vérité.
Pour apaiser nos consciences, nous avons la possibilité de donner dans l’humanitaire où là aussi les choses sont bien organisées et médiatisées. Face au tout économique des voix s’élèvent pour défendre les immigrés, les malades, les chômeurs, les droits de l’homme, les enfants maltraités, les sans abris, les sans papiers …

Dans ce monde éclaté, fondée sur l’Evangile, la Règle de saint Benoît vient nous proposer d’autres référents, d’autres valeurs. Elle nous dit que la vie a un but, qu’elle est orientée vers le Christ, le vrai Roi qui nous conduit vers Dieu à condition d’en être à l’écoute dans un esprit d’obéissance. (Prol 1-3) Cette possibilité est offerte à tous « qui que tu sois, qui renonces à tes volontés propres » (Prol 3). Elle propose de construire sa vie sur du solide, sur le roc (Prol 33). A partir de ce choix qui est un chemin de vie (Prol 20) elle fait avancer dans la pratique de la justice, le respect de l’autre et une vie dans la vérité par rapport à soi-même et par rapport aux autres. (Prol 25-27). En devenant disciple à l’écoute du Maître, avec l’aide et la protection de Dieu (Chap 73,9), avec les dons qu’il a reçus (Prol 6) dans un esprit d’humilité (Chap 7), en apprenant à dominer ses paroles (Chap 5-6) l’homme devient un gagneur. Face à tous les changements de cap, à toutes les boulimies, à tous les faux besoins, aux divertissements en tous genres, elle impose la stabilité, non une stabilité statique qui serait de l’immobilisme ou de la passivité, mais une stabilité dynamique qui est une manière de vivre impliquant persévérance et fidélité. Elle ne nie pas les difficultés mais leurs donnent un sens (Prol 46-50). La Règle reconnaît une autorité qui n’est autre que celle de l’Evangile : Vérité qui s’intègre par la fréquentation de l’Ecriture et la vie avec les autres. Face au pouvoir de décision, chacun a le droit de s’exprimer et d’être entendu. (Chap 3) La course à la consommation se transforme en une réponse liée au besoin de chacun et l’insatisfaction se transforme en paix (Chap 34) en évitant le murmure (Chap 34,6-7) Le travail est vécu comme un moyen de subsistance et de partage, adapté aux capacités de chaque personne (Chap 35,3 – 35,13 – 41,2 – 48 –57 – 66,5) Dans un environnement du jetable et de l’usage unique on prend de soin de tout (Chap 32). Les fragilisés : malades et vieillards ainsi que les enfants méritent une attention particulière (Chap 36 – 37) dans un quotidien où tout se vit et se fait sans excès (Chap 39-40-55).


Ecrite au VIème siècle dans un monde déjà troublé, la Règle de Saint Benoît avec sa seule référence et sa seule finalité, celle de l’Evangile vécu encore aujourd’hui en Eglise est une proposition de vie structurée et structurante. En réponse à un mal vivre ambiant, elle aide à choisir entre les sollicitations multiples qui nous assaillent, elle aide à mettre les priorités qui aident à unifier la personne. La dimension personnelle est intégrée à une dimension collective qui exige le respect d’une discipline (Chap 23 à 30 – 43 –44 -45 –46 – 63) pour que la vie ensemble soit possible dans une saine harmonie et dans un cadre structuré. Chemin de Vie où sept fois par jour une halte est faite pour bien vérifier la direction (Chap 8 à 20), elle est aussi chemin de conversion pour accueillir Celui qui nous appelle à construire un monde meilleur, vivable avec Lui en nous faisant participants de sa Création pour habiter la terre. Le chrétien devient alors à la suite du Christ un VIP non pas comme le monde le conçoit mais un Veilleur, un Intercesseur et un Priant, un Veilleur Intime de Dieu Proche des hommes.