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A l'école de Benoît:

L'exemple de saint Benoît

Seigneur, qui habitera dans ta demeure ?

Il suffit

Renoncer à tes volontés propres

Vivre loin de Dieu

On fera tout avec mesure

Une école du service du Seigneur

Vivre l'observance du carême

Une école pour vivre la foi

Une spiritualité incarnée

Patience - impatience

Chercher - Trouver

Donner - Recevoir

Persévérance - Fidélité

Travail - Oisiveté

Silence - Parole

Prier

Obéir - Désobéir

Ouvrir - Fermer

Qui que tu sois

Vivre autrement

Ne murmurez pas

Le chemin de la vie

Le temps et la Règle

Général:

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’’Restez en tenue de travail et gardez vos lampes allumées’’ Lc 12,35

Le moine, la moniale, comme tout un chacun, doivent travailler pour assurer les nécessaires besoins de la vie quotidienne. Il n’est donc pas étonnant que la Règle de saint Benoît traite du travail et de son opposé l’oisiveté.

Après avoir modelé l’homme de la poussière du sol et avoir insufflé en ses narines l’haleine de vie, ‘’ Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder ’’ Gn 2,15. L’homme, dès avant le péché originel, est mis au travail et, dans le plan de Dieu, l’oisiveté n’existe pas. Après la faute d’Adam, le ravail devient pénible pour l’homme : ‘’ A force de peine, tu tireras du sol ta subsistance tous les jours de ta vie ’’ Gn 3,17.
Le travail est une activité humaine, productrice ou créatrice, nécessaire à l’accomplissement d’une tâche. Cette activité s’exerce aussi bien dans une vie professionnelle que dans le bénévolat. Quand à l’oisiveté, elle en est l’opposé et désigne la passivité, la paresse, le désœuvrement. Si le travail peut créer un lien social constructif, l’oisiveté est, à l’inverse, source de dérives, voire de délinquance.

La Règle connaît bien la condition de l’homme et nous dit que ’’ l’oisiveté est l’ennemie de l’âme ‘’ RB 48,1. En cela elle ne fait que nous rappeler l’Écriture : ‘’ Le désir du paresseux cause sa mort, car ses mains refusent le travail ‘’ Pr 21,25. ‘’ Mets- le au travail pour qu’il ne reste pas oisif, car l’oisiveté enseigne tous les mauvais tours ’’ Si 33,28-29. ’’ L’oisiveté amène la pauvreté et la pénurie, car la mère de la famine, c’est l’oisiveté ‘’ Tb 4,13.
C’est donc sur le travail et l’oisiveté que la Règle et la tradition cistercienne nous interpellent. La désobéissance originelle, qui nous a détourné du Créateur, fait que notre retour à lui ne sera possible que par l’écoute et la pratique de la Parole, ce à quoi le Prologue nous invite : ‘’ Ainsi tu reviendras par le travail de l’obéissance à celui dont t’a éloigné la paresse de la désobéissance ‘’ Prol 2.

Ce travail de l’obéissance est un équilibre entre les différentes activités humaines et spirituelles que sont la prière liturgique communautaire, la prière individuelle, la lectio, le travail productif pour assurer la vie commune, l’accueil, les services domestiques nécessaires au fonctionnement d’une maison, et les indispensables moments de repos. La Règle insiste beaucoup sur la notion d’équilibre : le travail ne devrait pas écraser la personne ; c’est pourquoi dans l’exercice des nombreuses tâches communautaires, elle propose des aides afin que chacun et le groupe soient en paix.
Le travail, quel qu’il soit, en permettant l’autonomie et le partage a un impact social qui aide à donner du sens à la vie et unit des personnes en vue d’un but. Tout travail exige une discipline et devient par là, selon la manière dont on le conduit, une ascèse, c’est-à-dire une activité qui a des exigences. Une vie sans travail ne peut être une vie ascétique. L’oisiveté est tellement dangereuse que saint Benoît souhaite une activité même le dimanche pour ceux qui n’arrivent pas se fixer. (RB 48,23) !

Tout le chapitre 48 est une proposition d’habiter le temps en harmonisant prière et travail.
Qui que nous soyons, nous ne pouvons nous construire et entrer dans le plan de Dieu que par l’obéissance, la persévérance et la fidélité à un projet qui englobe toute l’existence. C’est à travers cette manière de vivre proposée par la spiritualité cistercienne à ‘’qui que tu sois ’’ (RB Prol 3) qu’une porte est ouverte pour nous aider à unifier notre vie en lui donnant du sens et cela sans nous laisser porter et conditionner par notre environnement. Ce chemin du suivre Jésus là où nous sommes est école de liberté et engage à la mission.

"Le sommet de la vie contemplative, c’est voir Dieu dans tous les évènements, expérimenter la présence divine dans toutes les tâches que nous accomplissons, les plus simples et même dans les contrariétés : faire bien ce que je dois faire" (Dom Lode,abbé d’Orval)
‘’ Travaillez non pour la nourriture qui se perd,
mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle ’’ Jn 6,27

Questions pour aujourd’hui:
La Règle nous interroge sur notre manière de gérer le temps :
· Comment vivre une activité professionnelle ou bénévole avec les contraintes imposées (horaires, compétences, formation) ?
· Quel temps je donne à la prière ?
· Comment, à travers mes activités, je cherche à tendre à la prière continuelle ?
· Le travail est-il pour moi une fin ou un moyen ?
· Quelles sont mes activités prioritaires ?
· Quelle est ma recherche d’équilibre de vie ?
· Comment est-ce que je me sens concerné par le travail de la mission ?
· Comment j’habite le temps ?
· Comment je m’habite moi-même ?