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A l'école de Benoît:

L'exemple de saint Benoît

Seigneur, qui habitera dans ta demeure ?

Il suffit

Renoncer à tes volontés propres

Vivre loin de Dieu

On fera tout avec mesure

Une école du service du Seigneur

Vivre l'observance du carême

Une école pour vivre la foi

Une spiritualité incarnée

Patience - impatience

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Donner - Recevoir

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Travail - Oisiveté

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Vivre autrement

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» Règle de saint Benoît Chapitre 48,9

La Règle de saint Benoît est connue pour son équilibre et plus de dix fois la mesure est évoquée comme un conseil à suivre : Tout faire avec mesure.

La mesure concerne celui qui gère la maison, le cellérier devra tout faire avec mesure (Chap. 31,12) Dans l’organisation de la journée l’heure des repas est déterminée de manière à ce que les corps ne soient pas fatigués à l’excès et que le travail puisse être fait correctement (Chap. 41,5). La nourriture et la boisson sont également concernées ainsi que l’habillement pour ne pas se distinguer inutilement (Chap. 55,8). L’abbé, le responsable de la communauté veillera à ce que tout se passe avec mesure afin que les faibles ne se découragent pas et que les forts ne soient pas brisés dans leur élan et cela sans exténuer les brebis dont il a la responsabilité (Chap. 64,17-19).

La mesure est donc proposée comme une manière de vivre, une règle de conduite qui concerne chacun de nous avec ce qu’il est dans le déroulement de sa vie quotidienne. (Chap.34) Cette mesure à laquelle Benoît nous invite a une dimension personnelle et une dimension sociale qui concerne notre relation aux autres : ne pas demander ou imposer à l’autre ce qu’il ne peut réaliser sans le mettre en danger. La mesure en tout est témoignage car elle est source de paix et d’équilibre mais elle implique une bonne connaissance de soi-même. La mesure est chemin d’humilité, et humainement elle est aussi un chemin d’obéissance à son corps tout en respectant ses limites, en acceptant et en faisant fructifier les dons que nous avons reçus et non ceux que l’on souhaiterait posséder. La mesure que nous sommes amenés à nous imposer n’est ni nonchalance, ni exercices divers qui nous conduiraient au-delà de nos forces. Elle nous permet de mieux nous connaître et d’accueillir la faiblesse de l’autre.



Pour nous laïcs, l’atelier où nous devons vivre cette mesure est le monde dans lequel nous sommes insérés par nos vies familiales, professionnelles, associatives et relationnelles. La mesure concerne aussi l’usage que nous faisons de ce qui est à notre disposition : téléphone, télévision, internet et notre manière d’habiter le temps : travail, réunions, loisirs, rencontres. Avant d’entreprendre quelque chose il nous est demandé de nous asseoir et de mesurer si cela nous est possible afin de ne point bâtir sur le sable mais sur le roc.

La mesure a sa source dans la Parole qui propose le Modèle à suivre : « Un rejeton sort de la bouche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines : sur lui repose l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte du Seigneur » (Es 11,1-2) Elle renvoie toujours à la personne du Christ.

La mesure recouvre le discernement, la prudence, la sagesse. Chemin du juste milieu, elle est équilibre de vie et donne la paix, La mesure est Vérité et Vie, à l’image et à la ressemblance du Christ comme fils obéissant au Père. Elle demande de la vigilance, un état de veille, une garde du coeur qui exige de s’habiter soi-même sans se laisser entraîner par tout ce qui nous est proposé. Dans notre monde de la démesure où la mesure ne fait pas recette, elle est une forme de résistance dans le refus de se laisser massifier. En ce sens elle est école de liberté.

Cette règle de vie a pour but de nous conduire à aimer Dieu et comme nous le dit saint Bernard : « la mesure d’aimer Dieu, c’est d’aimer sans mesure » ce qui nous demande de faire sa volonté c'est-à-dire de vivre l’obéissance à l’exemple du Christ obéissant au Père.

Il nous reste à prier comme le Fils nous l’a appris : « Notre Père… que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » en sachant par l’expérience de Benoît qu’au fur et à mesure qu’on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, et c’est avec une indicible douceur d’amour que l’on court dans la voie des commandements de Dieu. (Prol. 49)