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L’humilité recherche le silence, non dans l’inactivité, mais dans une activité ordonnée, dans l’activité propre à notre pauvreté et à notre faiblesse devant Dieu. L’humilité tend à prier, et trouve le silence à travers la parole. Mais parce qu’il nous est naturel de passer de la parole au silence, et du silence à la parole, l’humilité est, en toutes circonstances, silencieuse. Même lorsqu’elle parle, l’humilité écoute. Les paroles de l’humilité sont si simples, si douces, si pauvres, qu’elles parviennent sans effort jusqu’au silence de Dieu. Elles sont vraiment l’écho de son silence, et dès qu’elles sont prononcées son silence est déjà présent en elles.

Ce n’est pas le fait de parler qui rompt notre silence, c’est l’inquiétude d’être entendu. L’orgueilleux impose le silence à tous pour se faire entendre seul. L’humble parle uniquement pour qu’on lui parle. Il demande seulement une aumône ; après, il attend et écoute.

Le silence est ordonné aux dernières paroles où nous résumerons tout ce qui fut notre raison de vivre. Nous recevons le Christ par l’audition de la parole de foi. Nous opérons notre salut dans le silence et l’espérance, mais, tôt ou tard, vient l’heure de Le confesser ouvertement, d’abord devant les hommes, puis devant tous les habitants du ciel et de la terre.

Si notre vie se répand en paroles inutiles, nous n’entendrons jamais rien, nous ne progresserons jamais et, à la fin, pour avoir tout dit avant d’avoir quelque chose à dire, nous resterons sans paroles au moment de notre plus grande décision.

Mais le silence est ordonné à cette déclaration dernière. Il n’est pas une fin en soi. Toute notre vie est une méditation de notre ultime décision, la seule qui importe. Or nous méditons dans le silence. Nous sommes pourtant obligés, dans une certaine mesure, de parler aux autres, de les aider à prendre leur propre décision, de leur enseigner le Christ. En leur enseignant le Christ, nos paroles elles-mêmes leur enseignent un nouveau silence : le silence de la Résurrection. Ce silence les forme et les prépare à leur tour à dire les vérités entendues : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ».

Thomas Merton, Les chemins de la joie (Extraits)
Traduction par une moniale Bénédictine du Mont-Olivet, Plon Editeur (1961), (p.92 à 94).