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Résurrection sermon 1

À quel miracle pourrions-nous comparer celui de la résurrection ? Nous voyons bien qu’avant le Christ, il y eut plusieurs morts qui ressuscitèrent, ou du moins qui revinrent à la vie, mais tous furent comme les précurseurs du Christ, dont la résurrection dépasse de beaucoup les leurs. En effet, tous ceux-là ne ressuscitèrent que pour mourir une seconde fois. Or, « Jésus Christ ressuscite d’entre les morts pour ne plus mourir, la mort n’a plus de pouvoir sur lui » (Rm 6, 9). Les autres morts ont encore besoin de ressusciter une seconde fois. Quand au Christ, il est mort à cause du péché, il n’est mort qu’une fois, et maintenant il vit pour Dieu, il vit pour l’éternité. C’est donc avec raison que nous disons de lui qu’il est le premier de ceux qui ressuscitent car il est si bien ressuscité qu’il ne peut plus déchoir de la vie immortelle où il est remonté.

Il y a encore un point où éclate la gloire incomparable de cette résurrection. Quel est celui de tous les autres ressuscités qui s’est ressuscité lui-même ? Il est inouï qu’un homme dormant un sommeil de mort se soit éveillé de lui-même, c’est un fait unique, il n’a jamais été donné à qui que ce soit, non, absolument à personne, de l’accomplir.

[…]

Mais de plus, il ne retarda point sa résurrection au-delà du troisième jour, afin d’accomplir la parole du prophète : « Après deux jours, il nous rendra la vie, et le troisième jour il nous ressuscitera » (Os 6, 3). Il convient évidemment que les membres marchent sur les traces de leur chef. Ce fut le sixième jour de la semaine qu’il racheta l’homme sur la croix, le même jour que, au commencement, il l’avait créé, et le lendemain il entra dans le sabbat du tombeau, pour s’y reposer de l’œuvre qu’il venait d’achever. Le troisième jour, c'est-à-dire le premier des jours, celui qui est prémices de ceux qui dorment apparut vainqueur de la mort, homme nouveau. Le troisième jour, c'est-à-dire le premier des jours, celui qui est prémices de ceux qui dorment apparut vainqueur de la mort, homme nouveau.

Sermons pour la Résurrection du Seigneur, 1, § 6-7. 8 (extraits)
cf. Saint Bernard, Sermons pour l’année, Brepols/Les Presses de Taizé, 1990, p. 476-477.

Résurrection sermon 1 suite

Nous voyons bien qu'il y eut avant lui plusieurs morts qui ressuscitèrent, ou du moins qui revinrent à la vie ; mais tous ces ressuscités ne sont que comme les précurseurs du Christ, dont la résurrection dépasse de beaucoup les leurs. En effet, tous les autres ne ressuscitèrent que pour mourir une seconde fois, or « Jésus-Christ ressuscite d'entre les morts pour ne plus mourir, la mort ne doit plus avoir d'empire sur lui (Rm 6,9). » Les autres morts ont encore besoin de ressusciter une seconde fois : quant au Christ, s'il est mort à cause du péché, il n'est mort qu'une fois, et s'il vit maintenant, il vit pour Dieu, il vit pour l'éternité (Rm 6,10). C'est donc avec raison que nous disons de lui qu'il est le premier de ceux qui ressuscitent, car il est si bien ressuscité qu'il ne peut plus déchoir de la vie immortelle où il est remonté.

Il y a encore un point où éclate la gloire incomparable de cette résurrection. Quel est celui de tous les autres ressuscités qui s'est ressuscité lui-même ? Il est inouï qu'un homme, dormant un sommeil de mort, se soit éveillé de lui-même, c'est un fait unique, il n'a jamais été donné à qui que ce soit, non, absolument à personne, de l'accomplir. Le prophète Élisée ressuscita un mort (2 R 4,35), mais un autre mort que lui-même, et, depuis tant d'années qu'il repose au fond de son sépulcre, il attend qu'un autre l'en fasse sortir ; car il ne saurait sortir de lui-même ; et celui dont il attend cela, c'est Celui qui a triomphé de l'empire de la mort dans sa propre personne. Voilà pourquoi aussi, quand nous parlons des autres, nous disons qu'ils ont été ressuscités ; et, en parlant de Jésus-Christ, qui seul est sorti de son sépulcre par sa propre force, nous disons qu'il est ressuscité, attendu que c'est en cela même que le Lion de Juda a vaincu (Ap 5,5). Que pourra-t-il, ou plutôt que ne pourra-t-il point, maintenant qu'il est plein de vie et qu'il dit à son Père : « Je suis ressuscité et me retrouve avec toi (Ps 139, 19). » Que ne pourra-t-il point ce Dieu puissant qui fut compté parmi les morts, mais qui, dans leurs rangs, se trouva libre des chaînes de la mort ?

Mais, de plus, il ne retarda point sa résurrection au-delà du troisième jour, afin d'accomplir la parole du Prophète qui avait dit : « Après deux jours il nous rendra la vie, et le troisième jour il nous ressuscitera (Os 6,3). » Il convient évidemment que les membres marchent sur les traces de leur chef. Ce fut le sixième jour de la semaine qu'il racheta l'homme sur la croix, le même jour que, dans le principe, il l'avait créé, et le lendemain il entra dans le sabbat du tombeau, pour s'y reposer de l'œuvre qu'il venait d'achever. Trois jours après, c'est-à-dire le premier jour de la semaine, celui que nous appelons les prémices de ceux qui dorment du sommeil de la mort même, il apparut vainqueur de la mort. C'était l'homme nouveau (Ep 2, 15). Voilà comment nous tous qui marchons sur les pas de notre chef, tout au long de ce jour où nous avons été créés et rachetés, nous ne devons cesser de faire pénitence, de porter notre croix et d'y demeurer attachés comme il y demeura lui-même, jusqu'à ce que l'Esprit-Saint nous dise de nous reposer de nos fatigues. Qui que ce soit qui nous conseille de descendre de la croix, ne l'écoutons point ; non, mes Frères, n'écoutons ni la chair, ni le sang, ni même l'esprit qui nous le conseillerait. Demeurons attachés à la croix, mourons sur la croix, n’en descendons que portés par des mains étrangères, que ce ne soit jamais par le fait de notre légèreté.

Ce furent des hommes justes qui détachèrent notre chef de la croix, puisse-t-il nous faire la grâce de charger ses anges de nous descendre de la nôtre, afin que, après avoir vécu en hommes le jour de la croix, nous goûtions le second jour, qui est celui qui commence à notre mort, un doux repos, dans l'heureux sommeil du tombeau, en attendant l'accomplissement de nos espérances et la gloire de notre grand Dieu qui doit ressusciter nos corps le troisième jour, et les rendre semblables à son corps glorieux.

Sermon 1 Pour la Résurrection, § 6-8, Saint Bernard, Œuvres complètes, trad. Abbé Charpentier, t. 3, Paris, Vivès, 1867, p. 220-221.