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L’'homme animal qui débute, le jeune soldat du Christ, doit apprendre à s'approcher de Dieu, pour que Dieu s'approche de lui. C'est l'avis que donne l'Apôtre : « Approchez-vous de Dieu et il s'approchera de vous. » (Jc 4,8) Il faut non seulement faire l'homme et le former, mais il faut de plus lui donner la vie. Car Dieu façonna d'abord Adam, ensuite il dirigea sur sa face le souffle de vie, et l'homme devint une créature vivante. La formation de l'homme, c'est son éducation morale; sa vie, c'est l'amour de Dieu. La foi le conçoit, l'espérance l'enfante, la charité le forme et le vivifie. Car l'amour de Dieu, ou l'amour Dieu Saint-Esprit pénétrant l'amour de l'homme, se l'assimile. Et dans l'homme, Dieu s'aimant lui-même, lie ensemble son esprit et son amour, et en fait une seule chose qu'il unit à lui. Car, de même que le corps n'a de source de vie que dans son âme, de même le sentiment de l'homme qui s'appelle l'amour, ne vit, c'est-à-dire, n'aime Dieu que par le Saint-Esprit. Donc cet amour de Dieu que la grâce produit dans l'homme, la lecture l'allaite, la méditation le nourrit, l'oraison le fortifie et l'éclaire. A l'homme animal, à celui qui est nouvelle créature dans le Christ, pour sujets d'exercices intérieurs, il vaut mieux, il est plus sûr de faire lire et méditer les mystères extérieurs de la vie de notre Rédempteur : on y trouve un modèle d'humilité, un foyer ardent de charité, un aliment à la piété : il faut aussi lui proposer, dans l’Ecriture sainte et les écrits des saints Pères, les questions morales et plus aisées. Pareillement, on lui fera connaître les actes et les souffrances des saints, pour qu'il ne se fatigue pas en parcourant les pages faciles de l'histoire, et qu'il y trouve toujours quelque trait qui l'excite à l'amour de Dieu et au mépris de soi. Les autres histoires font plaisir lorsqu'on les lit, mais elles n'édifient pas, bien plutôt elles gâtent l'esprit; et, au temps de la prière et de la méditation spirituelle, elles font sortir de la mémoire des souvenirs inutiles ou nuisibles. La lecture appelle et attire d'ordinaire des pensées qui lui sont analogues. La lecture de livres difficiles à comprendre fatigue aussi, elle ne refait pas un esprit trop tendre : elle brise l'attention et hébète le sens ou l'esprit.

Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux frères du Mont Dieu, chap.4, 42.
dans Œuvres complètes de saint Bernard, t. 5, trad. abbé P. Dion, Paris, 1867, p. 385.
cf. coll. Sources Chrétiennes, 223, Paris, 1975, § 169-172 p. 279-281.