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Nous ne sommes pas en Dieu comme dans cet air que nous respirons ; mais en lui nous vivons par la foi, nous nous mouvons et nous sommes excités par l'espérance, et fixés par l'amour. De lui et par lui a été frappé l'esprit raisonnable, afin que le mouvement de son retour s'opère vers lui et qu'il soit lui-même son bien. Cet homme droit et bon, qui vient de lui, a été fait à son image et à sa ressemblance ; tant qu'il vit sur la terre, il doit, le plus possible, s'efforcer de s'approcher par sa ressemblance de celui dont rien ne peut l'éloigner si ce n'est la difformité ; il faut qu'il soit saint comme Dieu est saint, afin d'être bienheureux plus tard, comme ce grand être est heureux lui-même.
Ce qu'il y a uniquement de grand et de bon, c'est que l'esprit grand et bon reçoit, admire et aime ce qui est au-dessus de lui, et qu'image dévouée, il s'attache à celui dont il porte la ressemblance, car il est la copie de Dieu. Et parce qu'il est la copie de Dieu, il comprend qu'il lui est possible et que c'est un devoir de s'attacher à celui dont il porte l'empreinte en lui.
C'est pourquoi, bien qu'il gouverne, sur la terre, le corps qui lui est confié, néanmoins, par la meilleure partie de lui-même, c'est-à-dire par la mémoire, l'intelligence et l'amour, il se plaît à se replier vers la source d'où il connaît qu'il a reçu tout ce qu'il est, et tout ce qu'il a, vers le lieu où il lui est permis d'espérer qu'il habitera pour toujours et obtiendra, par la vision divine, la pleine ressemblance avec Dieu, s'il ne néglige point de conformer sa vie à une espérance si sainte.
Il regarde donc l'endroit d'où il tire tout ce qu'il est, et il reste avec les hommes, plus pour les faire vivre de la vie de Dieu et les porter à chercher et saisir les choses divines, que pour les animer de cette vie mortelle et humaine ; et de même que le corps, à qui il donne l'existence, par sa position naturelle, s'élève vers le ciel, sa nature, sa place et sa dignité l'élevant au-dessus de tous les lieux et de tous les corps, de même, spirituel par sa substance, il aime à voler vers les réalités qui dominent dans les régions spirituelles, c'est-à-dire, vers Dieu et vers les choses divines, non par un sentiment d'orgueil, mais en aimant avec piété, sobriété et justice, et vivant avec sainteté ; plus haut est le point auquel l'âme vise, plus il faut lui faire subir des exercices considérables, qui la pénètrent sans l'écraser et qui l'affectent tout en la perfectionnant.

Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux frères du Mont Dieu, chap. 15, 51
dans Œuvres complètes de saint Bernard, t. 5, trad. abbé P. Dion, Paris, 1867, p. 361.
cf. coll. Sources Chrétiennes, 223, Paris, 1975, § 207-212, p. 313-317.