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Il est d’autres prières courtes et simples que formule dans un cas accidentel la volonté, ou que lui dicte une nécessité survenue. Il en est d’autres plus longues et plus réfléchies, comme celle des hommes qui, en poursuivant la vérité, demandent, cherchent et frappent jusqu’à ce qu’ils reçoivent, jusqu’à ce qu’ils trouvent et qu’on leur ouvre : il en est enfin de joyeuses et de fécondes qui jaillissent de l’âme qui jouit et qui tressaille dans le transport de la grâce qui l’illumine. Ce sont ces mêmes prières que l’Apôtre énumère en un autre ordre, supplications, prières, demandes, actions de grâce. Car celle que nous avons mise en premier lieu sous le nom de demande, a pour objet d’obtenir les biens temporels et les autres nécessités de cette vie; en quoi Dieu, tout en approuvant la bonne volonté de celui qui sollicite, fait néanmoins ce qu’il juge préférable, et lui donne volontiers ce qu’il demande comme il convient. Ce sont là les vœux dont parle le Psalmiste : « Parce que ma prière est encore en ce qui leur plaît. » (Ps 140, 5 Vulgate) C’est là aussi la prière des impies, car tous les hommes, et surtout les enfants de ce siècle, désirent la tranquillité de la paix, la santé du corps, la salubrité de l’air et tout ce qui concerne l’usage de la vie présente et ses besoins, et les plaisirs de ceux qui en abusent. Celui qui demande avec fidélité ces mêmes biens, alors qu’il les demande à titre de nécessité, soumet toujours sa volonté à celle de Dieu. La supplication est, dans les exercices spirituels, une instance pressante adressée au Seigneur : avant le secours de la grâce, l’âme y apporte la science, y ajoute la douleur. L’oraison, c’est l’affection de l’homme s’attachant à Dieu, c’est une conversation pieuse et familière avec lui, c’est enfin le repos de l’âme éclairée d’en haut, pour jouir tant que cela lui est permis. L’action de grâces consiste dans l’intelligence et dans la connaissance de la grâce de Dieu, elle est le mouvement d’intention qui porte sans relâche une âme de bonne volonté vers le Seigneur : bien que parfois l’acte extérieur ou même le sentiment intérieur défaille ou semble engourdi. C’est d’elle que l’Apôtre dit : « Vouloir est en moi, mais je ne trouve point de quoi parachever le bien » (Rm 7, 18). Comme s’il disait : vouloir est toujours là, mais quelquefois ce vouloir est étendu à terre, c’est-à-dire inefficace : parce que je cherche à achever la bonne œuvre, et je n’en trouve pas le moyen. C’est la charité qui ne défaille jamais. C’est de cette prière ou cette formule de reconnaissance, dont l’Apôtre dit : « Priez sans cesse, toujours en rendant grâces » (1 Th 5, 17-18). Elle est, de fait, une bonté perpétuelle du cœur et de l’âme bien disposée, avec, chez les fils de Dieu, vis-à-vis de Dieu leur Père, une certaine image de la tendresse de Dieu, priant pour tous, rendant grâces en toutes choses. Nécessités personnelles et consolations propres, souffrances et joie du prochain, autant d’occasions et de manières pour un cœur pieux d’aller sans fin à Dieu dans la prière et l’action de grâces. Elle persévère toujours à produire des actions de grâces, parce que celui qui l’éprouve reste toujours dans la joie du Saint-Esprit.

Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux frères du Mont Dieu, chap. 14, 44.
dans Œuvres complètes de saint Bernard, t. 5, trad. abbé P. Dion, Paris, 1867, p. 355-356.
cf. coll. Sources Chrétiennes, 223, Paris, 1975, § 176-181 p. 287-291.