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Trois choses concourent à former la pensée : la volonté, l’intelligence et la mémoire

Trois choses concourent à former la pensée, la volonté, la mémoire et l'intelligence. La volonté force la mémoire à porter la matière ou le sujet, elle contraint aussi l'intelligence à former la matière qui est portée, appliquant l'intelligence à la mémoire, pour qu'elle en reçoive sa forme ; à l'intelligence, elle procure la pénétration de l'esprit qui réfléchit, pour que la pensée résulte de cette application. Parce que la volonté rassemble en un point tous ces éléments, et les réunit facilement comme au moindre signe ; le mot qui signifie pensée (cogitatio) paraît tirer son origine du verbe forcer (cogere).

Ainsi naissent toutes les pensées : les unes bonnes, saintes et dignes de Dieu, les autres mauvaises, perverses, séparant de Dieu enfin d’autres oiseuses et vaines auxquelles le Seigneur s'arrache et se dérobe. De là vient qu'il est dit, que les « pensées perverses séparent de Dieu, et que le Saint-Esprit se dérobe aux pensées qui sont sans intelligence (Sg 1, 3).

À propos de ces derniers mots, remarquons qu’il n’est pas possible vraiment de penser sans aucun concours de l’intelligence. Mais autre est l'intelligence que produit la force naturelle de la raison, autre celle qui vient de la vertu, de l'esprit raisonnable. L'intelligence est cette force qui, appliquée n'importe à quoi, soit au bien, soit au mal, exerce sa vigueur naturelle : mais il en est une qui est laissée à ses propres forces, une qui est illuminée par la grâce. La première ne se refuse pas aux choses du siècle, soit sérieuses, soit plaisantes : l'autre ne se prête qu'aux sujets dignes d'elle et qui lui ressemblent. L'une opère souvent, comme abandonnée à elle-même, et affaiblie par le vice de la raison et par le vice de la corruption de la volonté, ourdissant des pensées coupables, par lesquelles l'esprit qui les conçoit se sépare de plein gré du Seigneur : l'autre, comme toujours illuminée et toujours attachée à la vertu, opère la piété, qui unit à Dieu celui qui pense.

Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux frères du Mont Dieu, chap. 15, 58.
dans Œuvres complètes de saint Bernard, t. 5, trad. abbé P. Dion, Paris, 1867, p. 365-366.
cf. coll. Sources Chrétiennes, 223, Paris, 1975, § 242-245, p. 337-339.