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Marie

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Jésus enfant, qu’elle est heureuse, qu’elle est aimable ta naissance ! Elle redresse notre naissance à tous, elle restaure notre condition, fait disparaître notre tare, déchire la sentence qui condamnait notre nature humaine ! À tous ceux qui t’ont reçu, tu as donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Grâces soient rendues à ta gratuite et gracieuse naissance, ô fils de l’homme ! Par elle, nous avons accès à cette grâce en laquelle nous sommes établis, et nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu ! Admirable échange, assurément ! Assumant notre chair, tu nous fais don de ta divinité !

Vraiment, Jésus, tu es un enfant accessible à la pitié, toi que seule la pitié a fait devenir enfant. Vraiment, dis-je, tu es un enfant accessible à la pitié, né pour nous et non pour toi-même. C’est notre avantage et non ton profit que tu as cherché en naissant de nous, puisque tu as bien voulu naître uniquement pour nous élever par ton abaissement et nous glorifier par ton humiliation. Vidé de toi-même, tu nous as remplis, car tu as transvasé en l’homme toute la plénitude de ta divinité.

On peut donc le dire, le nom de l’Homme-Dieu est une huile répandue ou encore un parfum versé. Dieu s’est répandu complètement en l’homme, puisque la foi de l’Apôtre déclare qu’il s’est vidé de lui-même.

Assurément, bien qu’il se soit ainsi vidé, il ne s’est en rien amoindri et n’a pas changé. Pour une nature qui ne peut changer, se vider n’a pu être autre chose que d’assumer notre propre nature qui est une « terre vide et déserte ». Anéantissement bien grand, certes, aux yeux de qui le contemple : la Splendeur de la gloire, Figure de la substance du Père, ne se montre plus que sous l’apparence d’un esclave « sans grâce ni beauté ». Comme si c’eût été trop peu de s’anéantir que de devenir simplement homme, il a éliminé complètement de lui toute gloire charnelle des hommes, il a taxé de folie la sagesse, affaibli la force, rapetissé la grandeur. Il s’est montré en sa naissance le plus petit, et en sa passion le dernier des hommes, si bien qu’on n’a fait de lui aucun cas.

Mais veux-tu voir Dieu vidé de lui-même ? Regarde-le, couché dans une crèche. « Voici notre Dieu ! », dit Isaïe qui, de si loin, vit et reconnut « la crèche de son Maître », ou mieux, Dieu dans la crèche. « Voici notre Dieu », dit-il. Où donc ? Là, répond-il, dans cette crèche. Mais c’est un tout petit enfant que j’y découvre ! Est-ce bien là, d’après toi, Celui qui dit : « Je remplis ciel et terre » ? Je le vois enveloppé de langes. Est-ce bien là, d’après toi, Celui qui est vêtu comme d’un manteau, de la gloire et de la splendeur d’une lumière infinie ? Je l’entends qui pleure. Est-ce bien Celui qui tonne dans les cieux, tandis qu’au tonnerre de sa voix, les puissances angéliques replient leurs ailes ? C’est exact répond un autre prophète à la place d’Isaïe, c’est tout à fait exact, « Voici notre Dieu ! » Mais il s’est anéanti, vidé pour te remplir, et il a voulu, en quelque sorte, se défaire pour te refaire.

Tout le chœur des prophètes est donc d’accord pour crier dans un seul Esprit la même affirmation, bien qu’avec quelques divergences d’expression : « Voici notre Dieu, nul autre ne compte auprès de Lui ! »

Sermon 3 pour la Nativité, 1-2 (extraits).
Cf. Guerric d’Igny, Sermons 1 (Sources chrétiennes, 166), Paris, 1970, p. 187-193.