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Marie

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Frères, “Voici le jour que le Seigneur a fait, tressaillons d’allégresse et réjouissons-nous en lui !” Attendons-le en tressaillant d’allégresse, afin de le voir et de nous réjouir de sa lumière. Abraham exulta à la pensée de voir ce jour du Christ, et il a mérité ainsi de le voir et de s’en réjouir.

Toi aussi, il te faut veiller chaque jour aux portes de la Sagesse, faire le guet aux portes de sa demeure, et avec Madeleine, monter la garde sans dormir à la porte du tombeau du Christ. Alors, j’en suis sûr, tu éprouveras avec elle, Marie, comme est vrai ce qu’on lit dans l’Écriture au sujet de la Sagesse en personne, qui est le Christ : “Ceux qui l’aiment la contemplent sans peine, et elle se laisse découvrir par ceux qui la cherchent”. Oui, tu trouveras Jésus selon l’esprit si tu le cherches avec un désir semblable à celui de Marie, et s’il te voit comme elle, veiller assidûment dans la prière. Aussi, avec le désir et l’amour de Marie, dis au Seigneur Jésus : “Pendant la nuit, mon âme t’a désiré, et mon esprit s’est ému au-dedans de moi. Dès le matin, je veillerai pour toi”.

En effet, pendant les quarante jours de la Résurrection du Christ, maintes preuves nous furent données que “la Sagesse cherche de tous côtés des âmes dignes d’elle, et elle se montre à celles-ci sur ses chemins avec un visage riant, allant au-devant d’elles avec toute la sollicitude de sa providence”. Jésus voulut ainsi nous montrer qu’il est cette Sagesse dont l’Écriture parle en ces termes, et manifester corporellement en ce jour qu’il ne cesse de faire spirituellement chaque jour, à savoir : se montrer à nous le visage souriant sur les chemins de la justice. C’est pourquoi en ce jour, il alla sur le chemin au-devant des femmes qui revenaient du tombeau, et, sur le chemin encore, il se montra aux disciples qui se rendaient à Emmaüs.

Qu’ils l’apprennent et se réjouissent ceux qui marchent dans les sentiers de la justice. Qu’ils l’apprennent, dis-je, car ce n’est pas seulement ceux qui s’appliquent, immobiles, à la contemplation, que Jésus favorise de ses avances, mais aussi ceux qui marchent avec piété et justice sur les chemins de la vie active.

Certains d’entre vous, si je ne me trompe, le savent d’expérience : souvent ils ont cherché Jésus au sépulcre, en allant prier devant les autels des chapelles, comme les femmes au sépulcre, et ne l’ont pas trouvé. Mais soudain, sans qu’ils s’y attendent, le voilà qui vient à leur rencontre sur le chemin du travail. Ils se sont alors approchés, ont embrassé ses pieds : la paresse n’avait pas entravé leur marche, tant était vif leur désir de voir Jésus !

Toi non plus, frère, n’épargne pas tes pas sur la route de l’obéissance, lors même que les bonnes œuvres te font faire un grand détour : Jésus, lui, n’a pas ménagé ses pieds pour l’amour de toi ; il les a offerts à la douleur lancinante des clous. Et voilà qu’il ne se contente pas de récompenser et de soulager la fatigue de tes pieds, mais il va te permettre d’embrasser et de baiser les siens. Quelle ne sera donc pas ta joie s’il vient se joindre à toi sur la route ? Quel charme merveilleux ne goûteras-tu pas à ses entretiens ? Ne va-t-il pas faire disparaître la fatigue provoquée par ton travail, y substituant l’intelligence des Écritures, qu’assis dans le cloître, tu avais peut-être lues sans bien les comprendre ?

Dites-moi, frères à qui la bonté de Dieu a donné de faire quelquefois cette expérience, n’était-il pas vrai que votre cœur brûlait d’amour pour Jésus quand il vous parlait sur le chemin et vous expliquait les Écritures ?

Que ceux qui l’ont éprouvée se souviennent de cette joie, car “grande est la gloire du Seigneur”. Que ceux qui ne l’ont pas éprouvée la croient possible et désirent connaître ce bonheur, afin de célébrer un jour, eux aussi, les miséricordes du Seigneur dans le lieu même de leur pèlerinage, dans ce lieu de misère.

Sermon 3 pour la résurrection, n° 2-4 extraits) Cf. Guerric d’Igny, Sermons 2 (Sources chrétiennes, 202), Paris, 1973, p. 249-257.