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"Toi qui habites dans les jardins, nos amis prêtent l'oreille, fais-nous entendre ta voix". Si je ne me trompe, c'est vous, ces habitants des jardins dont parle ici l'Épouse du Cantique, vous qui méditez nuit et jour la loi du Seigneur. Tous ces livres que vous lisez sont autant de jardins où vous vous promenez ; les pensées que vous y recueillez en sont les fruits. Bienheureux ceux à qui sont destinés tous ces fruits, anciens ou nouveaux ! Des paroles des prophètes, des évangélistes, des apôtres nous sont servies, de sorte qu'on pourrait croire adressée à chacun de nous cette parole de l'Épouse à l'Époux : "J'ai gardé pour toi tous les fruits, anciens ou nouveaux, ô mon Bien-aimé !".

Scrutez donc les Écritures. Vous pensez, non sans raison, trouver la vie en elles, vous qui ne cherchez rien d'autre que le Christ à qui les Écritures rendent témoignage. Il est bon de fouiller celles-ci, non seulement pour en faire jaillir le sens mystique, mais aussi pour en sucer le sens moral. Vous donc qui vous promenez dans les jardins des Écritures, ne folâtrez pas de l'une à l'autre, légers et musards, mais scrutez-les une à une. Et comme une abeille diligente butine le miel sur les fleurs, recueillez l'Esprit caché au fond de ces paroles ; car, dit Jésus : "Mon Esprit est plus doux que le miel, et mon héritage plus suave que le miel et son rayon". En savourant ainsi le goût de cette manne cachée, vous pourrez vous écrier avec David : "Que tes paroles sont douces à mon palais, plus que le miel et son rayon ! "

De ces jardins, l'Époux va nous conduire, si je ne m'abuse, en d'autres où règne une paix plus profonde, où l'on goûte une joie plus intense, où la vue s'étend plus loin. Vous vous étiez appliqués à le chanter par des hymnes traduisant votre allégresse et votre reconnaissance ; il va maintenant vous emporter vers le tabernacle admirable, jusqu'à la maison de Dieu, dans cette lumière inaccessible où il habite, où il fait paître, où il repose en plein midi. Car si votre empressement à le chanter ou à le prier est teinté de ce saint désir qui s'informait : "Maître, où habites-tu ? ", vous mériterez d'entendre cette réponse : "Venez et voyez". "Ils vinrent, continue le texte, ils vinrent et demeurèrent près de lui ce jour-là".

Nous jouirons de cet heureux jour, sans connaître la nuit, tant que nous demeurerons près du Père des lumières, chez qui ne se laisse entrevoir ni changement, ni ombre de succession. Mais si nous chutons de ce haut lieu, nous retombons dans notre nuit. Hélas ! Que mes jours sont de peu de durée ! Que je suis vite desséché ! Me voilà comme du foin, moi qui verdoyais et fleurissais comme le Paradis de Dieu quand j'étais avec lui dans le jardin ! Avec lui, je suis un paradis de délices, mais sans lui un lieu d'horreur, une solitude désertique !

À mon avis, celui qui pénètre dans ce jardin doit devenir, lui aussi, un jardin. Son âme devra fleurir comme un jardin bien irrigué, et l'Époux pourra faire de lui cet éloge : "Ma sœur, mon épouse est un jardin fermé". Ne sont-ils pas un jardin, ceux en qui se réalise ce que dit le Jardinier lui-même à la plantation que son Père a plantée : "Écoutez-moi, fruits divins et fructifiez comme la rose plantée au bord des eaux. Fleurissez comme le lys, donnez votre parfum et couvrez-vous d'un feuillage plein de charme".

Sermon sur la psalmodie 2-3
Cf. Guerric d’Igny, Sermons II (Sources chrétiennes, 202), Paris, 1973, p. 519-523