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Un enfant nous est né

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Marie

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“Israël, sois prêt à aller à la rencontre du Seigneur, car il vient à toi !” Et vous aussi, frères, “soyez prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas”. Rien de plus sûr que sa venue, mais rien de plus incertain que le moment de cette venue. Il nous appartient si peu. Notre dernier jour viendra, c'est chose très certaine ; mais quand, où et comment, voilà chose très incertaine. Nous savons seulement, comme on l'a dit avant nous, que “pour les vieillards, il est sur le seuil, tandis que pour les jeunes gens, il est à l'affût”. Il ne faudrait pas que ce jour nous saisisse à l'improviste, comme un voleur durant la nuit, sans que nous y soyons préparés ! Puisqu'il se tient à l'affût, on doit le redouter d'autant plus qu'on ne peut ni le voir ni s'en garder. La seule sécurité, c'est donc de ne jamais s'estimer en sécurité. Que la crainte, demeurant en éveil, nous rende toujours prêts, jusqu'à ce que la sécurité succède à la crainte, et non la crainte à la sécurité. “J'aurai l'œil sur mon iniquité, dit le Sage, puisque je ne peux l'avoir sur ma mort”. Il sait en effet que le juste, s'il s'occupe de sa mort, trouve le rafraîchissement, bien plus, qu'il triomphe dans la mort, lui qui n'a pas été pendant sa vie esclave du péché.

Que c'est beau, frères ! Quel bonheur ! Non seulement être en sécurité devant la mort, mais encore en triompher avec gloire, fort du témoignage de sa conscience; ouvrir avec plaisir au Juge qui vient et frappe à la porte ! Mais alors, hélas ! on verra des hommes tels que moi trembler, demander un délai, et ne pas l'obtenir ; vouloir acheter de l'huile pour leur conscience par des gémissements de pénitence, et n'en avoir pas le temps.

C'est pourquoi, ô véritable Israël, sois prêt à aller à la rencontre du Seigneur ! Non seulement ouvre-lui lorsqu'il sera là et frappera à la porte, mais encore va-t-en allègrement et joyeusement à sa rencontre tandis qu'il est encore loin ; ayant pour ainsi dire pleine confiance pour le jour du jugement, prie de tout cœur pour que son règne vienne. Si donc tu veux alors être trouvé prêt, “prépare-toi avant le jugement une justice”, comme le conseille le Sage. Sois prêt à accomplir toute bonne œuvre, et ne le sois pas moins à endurer tous les maux, afin que ta bouche puisse chanter, sans que ton cœur le démente : “Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt !’’ Il est prêt, avec ton secours, à accomplir toute justice, et prêt à supporter toute injustice ; si bien que, prêt à l'un comme à l'autre, je chanterai et que je psalmodierai dans ma gloire, c'est-à-dire que, dans les deux cas, je le louerai et le glorifierai.

Mais Toi, Seigneur, viens à ma rencontre, moi qui vais au-devant de toi ! Car malgré tous mes efforts, je ne pourrai m'élever jusqu'à ta hauteur que si, en te penchant, tu tends ta main droite à l'œuvre de tes mains. Viens donc à ma rencontre et “vois s'il n'y a pas en moi un chemin d'iniquité”. Et si tu trouves en moi un chemin d'iniquité que j'ignore, écarte le de moi et, par ta loi, prends-moi en pitié ! Conduis-moi par la voie éternelle, c’est-à-dire le Christ, car il est la Voie où l'on marche et l'Éternité à laquelle on parvient, Voie immaculée, Demeure bienheureuse !

Sermon 3 pour l’Avent, 1-2 (extraits).
Cf. Guerric d’Igny, Sermons 1 (Sources chrétiennes, 166), Paris, 1970, p. 119-127.