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Voici le matin, et Jésus est livré à Pilate. Accusé, il se tait : comme un agneau aux mains de celui qui le tond, il n'ouvre pas la bouche. Regarde, vois quelle est son attitude devant le gouverneur : tête inclinée, yeux baissés, les traits calmes, parlant peu, prêt à supporter les outrages et s'offrant déjà aux coups. Après l'avoir flagellé, on l'emmène portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate dit : “Voici l'homme !” Oui, c'est bien un homme. Qui en douterait? Les traces des fouets sont là pour le prouver, les blessures livides et la saleté des crachats. C'est bien un homme, dis-tu. Mais alors d'où vient qu'au milieu de tant d'horreurs il ne s'irrite pas comme un homme, il ne se révolte pas contre ses bourreaux? C’est qu’il y a ici plus qu'un homme. Mais qui le comprend ? On voit l'homme qui subit les jugements iniques, mais on ne le reconnaîtra Dieu que lorsqu'il viendra pour le jugement ! Voici qu’on lui donne du vin mêlé de fiel. On arrache ses vêtements qui sont partagés entre les soldats. La tunique, elle, n'est point divisée, mais attribuée à celui que le sort désigne. Ses douces mains, ses pieds, sont percés de clous ; étendu sur une croix, il est hissé entre des bandits. Médiateur entre Dieu et les hommes, le voilà suspendu entre ciel et terre, trait d'union entre ici-bas et en-haut, pour unir les réalités terrestres aux célestes. Les cieux s'étonnent et la terre est dans la stupeur. Et toi? Comment s'étonner que ta tristesse réponde au deuil dont le soleil se voile, que tu trembles quand la terre elle-même tremble, que ton coeur se fende avec les rochers, que tu pleures avec les femmes éplorées au pied de la croix ? Mais au milieu de tant d'émotions, pense à son coeur si tendre et au calme qu'il sut garder. Quelle bonté dans ses sentiments ! Il ne prend pas garde à l'injure, ne fait pas attention à la souffrance, ne sent pas les outrages ; bien plus, il a compassion des auteurs de sa passion, il guérit ceux qui le blessent et donne la vie à ceux qui la lui enlèvent. Et quand il s'écrie : « Père, pardonne-leur ! » de quelle douceur, de quelle grandeur d'âme et de quelle plénitude de charité ne donne-t-il pas la preuve ? Maintenant donc, approche-toi de la croix avec la Vierge mère et le disciple vierge : regarde ce visage tout blême. Pourras-tu voir sans larme couler les pleurs de notre très aimante Dame ? Tu restes là, les yeux secs, tandis que le glaive de douleur transperce son âme ! Entendras-tu sans tressaillir le Fils dire à sa mère ; “Femme, voilà ton Fils”, et ensuite à Jean : “Voilà ta Mère”, tandis qu’il remettait sa mère au disciple et qu’il promettait le paradis au bon larron.Alors un des soldats lui ouvrit le côté avec sa lance, et il en sortit du sang et de l’eau. Vite, hâte-toi, va manger le rayon avec son miel, va boire ton vin avec ton lait. Car le sang se change en vin pour t’enivrer et l’eau devient du lait pour te nourrir. Vraiment des fleuves ont jailli pour toi de la pierre, des trous ont été percés dans la muraille de son corps : les blessures de ses membres. Dans le creux de celles-ci, comme la colombe, tu peux aller te blottir, les baisant une à une. Et le sang tracera sur tes lèvres un fil d’écarlate et ta parole en deviendra douce.

De la vie de recluse 31