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Rappelle-toi, mon fils, ce que tu as l'habitude de murmurer dans les recoins, lorsque, comme une tourterelle, cet oiseau très chaste qui vit dans la solitude et pousse des gémissements, tu te cherches des endroits où te retirer, tu te construis tous les jours une solitude, malgré la foule qui t'entoure. Comme tu gémis, comme tu brûles d’amour, comme tu cherches celui que chérit ton âme ! Sous la violence de l'amour, tu souhaites maintenant voir enfin celui que tu aimes.

…. C’est ainsi que se produit pour toi, dans ta retraite, ce qui arriva à Élie dans la caverne : d'abord “passe un vent violent et fort, renversant les montagnes et brisant les rochers : mais le Seigneur n'est point dans ce vent. Après le vent, vient un tremblement de terre : mais le Seigneur n'est point dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, un feu : mais le Seigneur n'est point dans le feu. Et après le feu, le souffle d’une brise légère”.

Voilà comme des degrés par lesquels, dans l'oraison, l'âme touchée par le Seigneur s'élève comme les volutes de la fumée des aromates et de la myrrhe, de l'encens et de toutes sortes de poudres odoriférantes.

Mais je laisse tout cela, moins à tes investigations, qu'à tes expériences dans la prière. Remarque donc attentivement comme il t'est parfois difficile, au premier abord, d'entrer dans la chambrette de ton coeur pour y trouver une caverne où t'ensevelir, en quelque sorte, loin de tout ce qui est du monde, et prier ton Père dans le secret.

Il semble parfois que le coeur s'est durci comme un caillou. On croirait qu'une montagne s'est interposée et a bouché la vue intérieure sur toutes les choses spirituelles, jusqu'à ce qu'un vent violent et fort soit passé, renversant les montagnes et brisant les rocs devant le Seigneur. Vent violent suivi d'un tremblement de terre, lorsque l'âme fond en componction et que, sous le flot des larmes, elle lave tout ce qu'elle sent en elle de souillure, soulevée contre elle-même par un brisement intime.

Puis l'espoir point, et elle brûle du feu d'un ineffable désir ; elle engage avec Dieu une façon de combat spirituel, jusqu'à ce que le souffle d'une brise légère, se glissant au fond de son coeur, saisisse d'une douce caresse ses affections, impose silence à tous ses mouvements, à tous ses soucis, à tous ses discours, à toutes ses pensées, et l'élève dans la contemplation, jusqu'aux portes mêmes de la Jérusalem céleste. Alors, celui qu'elle a cherché si longtemps, si souvent supplié, si ardemment désiré, celui dont la beauté l'emporte sur celle des fils des hommes, semble la regarder par le treillis et l'invite aux baisers : “Lève-toi, dit-il, hâte-toi, mon amie, et viens !” Alors, pénétrant dans Jérusalem, elle passe “au lieu du tabernacle admirable, jusqu'à la maison de Dieu, avec des cris de triomphe et de reconnaissance”… Alors l'âme chante : “J'ai trouvé celui que chérit mon âme, je le tiens et ne le lâcherai pas”.

Quand Jésus eut douze ans III, 21