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Doté de libre arbitre, Adam aurait pu, avec la grâce de Dieu, mener une existence toujours heureuse, en aimant Dieu dans sa mémoire et son intelligence, mais il pouvait rabaisser son amour vers quelque chose de moindre, et se détournant de l'amour de Dieu, se refroidir et tomber dans le malheur. De sorte qu'il n'y a qu'un bonheur pour la créature raisonnable : adhérer à Dieu, et un seul malheur : s'en détourner. Placé dans cette condition honorable, comme dit le psaume, l'homme n'a pas compris (Ps. 48, 13). Que n'a-t-il pas compris ? Ce que le psalmiste, entré dans le secret de Dieu, avait compris et prédit : « Ceux qui s'éloignent de vous, périront ; vous avez condamné ceux qui se livrent à des amours illégitimes » (Ps. 72). L'homme n'a pas compris que les orgueilleux qui trompent Dieu dans leurs amours, sont livrés à la folie ; que celui qui veut se faire Dieu, tombe au rang des animaux. Usant mal de son libre arbitre, l'homme a laissé dévier son amour ; dans son aveuglement, il l'a reporté du bien immuable vers quelque chose de moindre. Il s'est éloigné du vrai bien, il est allé vers ce qui n'était pas le bien en soi. Il a cru y gagner, il n'a fait qu'y perdre ; s'aimant mal lui-même, il s'est perdu en même temps qu'il perdait Dieu. C'était juste. Il convoitait la ressemblance avec Dieu mais contre Dieu ; il fallait qu'il lui devînt d'autant plus dissemblable par sa convoitise qu'il cherchait à lui être semblable par une malsaine curiosité.

L'image de Dieu fut ainsi déformée dans l'homme, mais non complètement effacée. Il garde la mémoire, mais obscurcie d'oubli ; il conserve l'intelligence, mais sujette à l'erreur ; l'amour lui reste, mais enclin à la convoitise. Toute malheureuse qu'elle soit, l'âme raisonnable garde dans cette trinité de facultés une empreinte de la bienheureuse Trinité. Cette marque est gravée dans la substance de l'âme : elle se souvient d'elle-même, se connaît et s'aime elle-même.

Le miroir de la Charité
Chapitre IV (extraits)