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La charité tempère par sa tranquillité tout ce qui nous arrive, tandis que la convoitise corrompt tout par sa perversité.

Une âme que possède le joug suave et tranquille du Seigneur, c’est-à-dire la parfaite charité, fait passer en sa propre tranquillité tout ce qui lui arrive, ne se laissant troubler par aucun renversement de situation mais faisant servir à son avancement les bouleversements eux-mêmes. (….) Que pourrisse donc le joug de la convoitise en présence de la charité. Nous expérimenterons alors aussitôt, comme l’a dit quelqu’un, combien « léger est le fardeau du Christ, combien suave, combien délectable, à quel point il emporte au ciel et nous ravit à la terre ; Is 10,27». Par conséquent, si nous voulons expérimenter la douceur de ce repos, recherchons avec soin les causes et les racines de nos peines ou afflictions et n’allons pas avec une volonté tiède, comme avec un fer émoussé, retrancher seulement les effets extérieurs, mais pénétrons avec un intense désir jusqu’au principe même des maladies.

Le miroir de la Charité
(extraits)