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Lors donc que l’homme, s’arrachant au brouhaha extérieur, s’est recueilli au secret de son cœur, qu’il a fermé sa porte à la bruyante foule des vanités, qu’il a fait le tour de ses trésors, quand il n’y a plus rien en lui d’agité ni de désordonné, rien qui le tiraille, rien qui le tenaille, mais lorsque tout en lui est douceur, accord, paix, tranquillité, et que tout le petit monde de ses pensées, paroles et actions, sourit à l’âme comme au père, dans une famille très unie et paisible, il naît alors au cœur, tout à coup, une merveilleuse assurance. De cette assurance vient une joie extraordinaire, et de cette joie jaillit un chant d’allégresse qui éclate en louanges de Dieu, d’autant plus ferventes que l’on a davantage conscience que tout le bien que l’on voit en soi est un pur don de Dieu. C’est la joyeuse célébration du sabbat qui doit être précédée de six autres jours, c’est-à-dire du complet achèvement des œuvres. Il nous faut d’abord transpirer en faisant des œuvres bonnes, pour nous reposer ensuite dans la paix de notre conscience. Et si l’on quitte ensuite cette chambre intime où l’on a célébré ce premier sabbat, que l’on rejoigne l’auberge de son cœur, là où l’on a coutume de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, de pleurer avec ceux qui pleurent, d’être faible avec ceux qui sont faibles, de brûler avec ceux qui sont scandalisés ; que l’on sente alors son âme unie à celle de tous ses frères par le ciment de la charité : on n’y est plus troublé par les aiguillons de la jalousie, brûlé par le feu de la colère, blessé par les flèches des soupçons téméraires, on est libéré des morsures de la tristesse. Si l’on attire tous les hommes dans le giron pacifié de son esprit où tous sont étreints, réchauffés par une douce affection et où l’on n’est plus avec eux qu’un cœur et qu’une âme, alors en savourant cette merveilleuse douceur, le tumulte des convoitises fait aussitôt silence, le vacarme des passions s’apaise, et à l’intérieur s’opère un total détachement de toutes choses nuisibles, un repos joyeux et paisible dans la douceur de l’amour fraternel. Une fois purifiée par ce double amour de soi et du prochain, l’âme aspire à l’étreinte de l’amour divin avec d’autant plus d’ardeur qu’elle en est plus assurée. Brûlant d’un désir extrême, elle passe au-delà du voile de la chair pour pénétrer en ce sanctuaire où le Christ Jésus est Esprit devant sa face, et où elle est totalement absorbée par une indicible lumière et une douceur toute nouvelle. Le silence s’est fait par rapport à tout ce qui est corporel, changeant : elle fixe un regard pénétrant sur Celui qui est, Celui qui est toujours le même, identique à Lui-même, Celui qui est Un. Elle est libre pour voir que le Seigneur est Dieu. Et dans les doux embrassements de l’Amour lui-même, il est évident qu’elle célèbre dans le repos, le sabbat des sabbats.

Miroir de la charité, III, 3, 4, 6