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Frères très chers, vous savez parfaitement comment notre chef, après être descendu de son trône de gloire, du palais de sa divinité et surtout du lieu secret qu’est le sein du Père, est venu dans ce monde pour sauver ce qui était perdu, racheter les captifs, ramener sous ses lois notre sol natal envahi par un fourbe ennemi. Voici son dessein accompli. Il a réduit à rien l’adversaire, renversé l’ennemi, arraché le faible aux mains d’un plus fort, le pauvre et l’indigent à ceux qui le dépouillaient. Il a délivré le prisonnier, il a libéré notre sol natal d’un ennemi en fuite. Voilà pourquoi, ayant mené à bonne fin toutes ces œuvres, selon son désir, il entre aujourd’hui dans sa cité avec les emblèmes de la victoire, accueilli dans une indicible allégresse par ses concitoyens.

De là cette fête, de là, par le monde entier, une joie telle que les humains imitent, à leur petite mesure certes, l’exultation des anges qui s’avancent en procession, et, avec tout le dévouement et l’attachement qui leur sont possibles, escortent leur Seigneur montant aux cieux. Oui, c’est toute la cour céleste qui vient à sa rencontre, et accueille aujourd’hui son roi longtemps désiré. […]

Réfléchissons en ce jour, frères, à ces quatre réalités que sont la vie du Christ, sa passion, sa résurrection et son ascension. De fait, on l’a vu sur terre et il a parlé avec les hommes pour appeler les siens ; il a souffert afin de les racheter ; il est ressuscité afin de les justifier ; il est monté au ciel afin de les glorifier

Il a appelé les siens de trois manières : par son enseignement, par son exemple, par ses miracles. Ce qu’il a enseigné par sa parole, il l’a accompli par ses œuvres, il l’a confirmé par ses miracles. Il est écrit dans les Actes des Apôtres: « Ce que Jésus s’est mis à faire et enseigner ». Par ces trois moyens, le monde entier s’est tourné vers Dieu. Car les apôtres partirent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant sa Parole par les signes qui l’accompagnaient. Vient ensuite la Passion : ce qui est assez normal. Car nous devons aimer l’enseignement du Christ, embrasser l’obéissance à ses préceptes, avoir pour lui un amour si savoureux, que ni la mort ni la vie, ni les épreuves ni les angoisses ne puissent nous séparer de la charité de Dieu qui est dans le Christ. C’est pourquoi, stimulés par l’exemple de notre Sauveur, ceux qui furent fidèles à l’enseignement reçu ont combattu avec bonheur, jusqu’au sang, pour la foi à laquelle ils avaient été initiés. Après la Passion vient la résurrection. De fait, il faut que celui qui est mort avec le Christ, ressuscite avec le Christ. Or, il y a une première résurrection - la justification de l’âme -, suivie d’une seconde - la glorification des corps -, afin que, sauvés en l’un et l’autre, nous soyons rendus participants de cette sublime ascension par laquelle le Christ total, Tête et Corps, retournera en personne dans la Jérusalem céleste.

Mais, pour en revenir à nous, considérez votre appel, frères, considérez le fruit de cet appel. Voyez comment vous avez été appelés, à quoi vous avez été appelés et pourquoi vous l’avez été. Vous avez été appelés par le Christ, vous avez été appelés à souffrir avec le Christ, et cela bien sûr en vue de régner avec le Christ pour l’éternité. Et c’est aussi de trois manières que nous avons été appelés : par une exhortation venue du dehors, par la sainte émulation des gens de bien, par une inspiration secrète. L’exhortation venue du dehors se rapporte à l’enseignement, l’imitation des gens de bien à l’exemple, l’inspiration secrète au miracle. Or, y a-t-il miracle plus grand que cet admirable changement qui survient en nous, en vertu duquel, par une soudaine transformation, un homme, d’impur qu’il était, devient pur, d’orgueilleux qu’il était, devient humble, d’irascible qu’il était, devient patient, de pécheur qu’il était, devient saint ? Que le prédicateur qui enseigne, que l’homme qui vit de façon louable devant les hommes, n’attribue pas à lui-même ce miracle ! Que louange soit plutôt rendue à Celui qui, de même qu’il souffle où il veut, inspire également le bien quand il veut et dans la mesure où il le veut.

Voilà donc les trois manières par lesquelles nous avons été appelés à suivre les traces de Celui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte, maltraité, ne menaçait pas. Car nous avons été appelés à lui ressembler dans sa Passion, et celui qui prétend demeurer dans le Christ doit marcher de la même manière que lui. Par conséquent, mes frères, comme Élisée suivait Élie, soyons des Élisée marchant à la suite du véritable Élie.



Cf. Aelred de Rievaulx, Sermon 65 « Pour l’Ascension du Seigneur », § 1,11-16, dans Aelred de Rievaulx, Sermons pour année, 5. Sermons 65 à 84. Collection de Durham (2e partie) (Pain de Cîteaux, série 3, 24), Abbaye Notre-Dame du Lac 2005, p. 12, 16-17.